2016

Publié le 9 Novembre 2017

Dans le train, il s'est allongé sur la banquette, s'est endormi.

Quand il s'est réveillé il s'est excusé auprès des personnes qui étaient près de lui "oh pardon, je me suis endormi !" Personne ne lui a répondu.

Alors il s'est excusé d'avoir parlé. Les personnes autour de lui l'ont regardé de travers.

C'est que ça se fait pas de parler à des inconnus pour dire qu'on s'excuse d'avoir parlé de quelque chose qui ne les intéresse pas.

Alors il s'est tu. Il s'est dit, l'idéologie, la guerre bâtissent un empire. Un sourire et de la chaleur humaine bâtissent une civilisation. évidemment ce n'est certainement pas vrai et pas juste ce qu'il raconte.

"Enfin, Pipo ! avec de la chaleur humaine on bâtit une vie pas une civilisation ! Une civilisation c'est des rapports de forces, des outils, des langages, une organisation.

- C'est la même chose qu'il m'a répondu.

 

 

 

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Publié le 5 Novembre 2017

Le terrible séisme eut deux conséquences décisives pour la suite des événements.

 

La première fut que sous l'effet du tremblement de pommes de terres, un morceau de la région de la charente située près de l’Océan Acerborien se détacha en un seul bloc d'environ 200 km de long et 50 km de large. Circaé en fut si affecté qu'il en garda un traumatisme post-séparatiste des plus virulent au point de bouder durant des décennies sa reconnaissance même.

 

La nouvelle île fut appelée l’île de la petite Pantoufle car bizarrement elle avait la forme d'un joli chausson.

 

Depuis les derniers événements, la sympathie naturelle que les sans-façonnais éprouvaient à l’égard de leurs semblables amena rapidement a scinder le nouveau territoire en deux zones distinctes et opposées : la République Autonome des Pantoufliers (RAP'!) et l'Union Libre des Pantouflards (ULP!). Sur cette île, la liberté on ne savait par quel bout la danser car elle changeait souvent de chaussure.

 

Comme ils avaient échappé de justesse aux ravages du cataclysme, les insulaires respectaient profondément la vie et avaient pris l’habitude de passer librement d'une pointe de l’île à l’autre. Et même s'ils se querellaient sans cesse ils affirmaient que « Le courage n'est pas d'ériger des obstacles mais de les surmonter. » Aussi certains sceptiques les appelèrent les nouveaux niais d'autres qui croyaient en eux les super bottés.

 

 

Ils se promenaient ainsi au gré des saisons et des circonstances dans toutes les régions de l’île, profitant de l'instant présent, afin notamment d'approfondir leurs connaissances du naturalisme, une discipline qui fut promue rapidement Science Officielle de l’Île (SOI).

 

On donna aux habitants de l’île, le nom de pendantistes en hommage au temps qu'il fait et à l’idéologie variable relative. 

 


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Comme un Atablérien au Pays de la Sans Façon/ Voḷ 2

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Publié le 18 Juin 2017

 

Peu après s'être assoupi, Dévo fut réveillé par un insecte, un sylphide porte-plume qui était monté sur lui, et par son ami Philomène ā̃khõk avec qui il avait rendez-vous ce jour-là. Ce dernier s'approcha et lui secoua délicatement l'épaule gauche, le bousculant dans sa rêverie. "Tu t'étais endormi... Excuse-moi de te réveiller… Nous avions rendez-vous, tu te souviens ?

 

Avec regret Dévo mit un terme à l’adhésion épidermique de ses paupières. étira ses jambes, les replia et lui sourit. Le sylphide, sa palpe maxillaire aux aguets, passa discrètement de sa cuisse à son bras droit, guettant de son œil composé quelque nourriture à prendre.

 

- Mais à quoi penses-tu ? demanda Philomène. Pourquoi ces longs silences depuis quelques semaines ? Pourquoi ce regard intense visionnant on ne sait quels mirages ?

 

Face aux interrogations pressantes de son ami, Dévo demeurait silencieux.

 

- Tu dis bien que les casques d'images, de mots et de sensations qu'on nous prépare vont nous couper du vrai monde et de notre réalité... mais que fais tu d'autre lorsque tu pars dans tes rêveries ? Crois-tu être libre ? Fuis-tu quelque chose ?

Le sylphide suivait son chemin, ballotté par les gestes soudain plus souverains et plus vifs de Dévo qui commençait à agiter ses mains, à tordre ses lèvres pour en découdre et contorsionner idées et mots dans tous les sens.

 

 

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

 

- Je ne sais pas. Je m'interroge... Je sais que tu es comme ça... Pour ce qui est des moyens de propagande dont tu me parles souvent, t'es sûr que t'es pas un peu parano ? Quand même t'exagères ! Je ne connais pas leurs intentions moi non plus, je ne suis pas dupe, ni optimiste, mais quand même... Allons-nous perdre notre cervelle ? Nous évoluons vers autre chose. Voilà tout... Nous ne sommes pas qu'un entrechoc de clics. Allons-nous communiquer directement de cerveau à cerveau ? C'est la question que je me pose…

 

- Et Wi fit le monde ! s'exclama Dévo. Mais ce "ils" que tu évoques, n'est-ce pas "nous"?... Cette évolution du langage, cette façon de dire. Une autre façon de penser donc, une autre façon de voir les choses... Sans cesse mouvante. Je m'en réjouis ! Cela fait-il sens de reprocher aux atablériens de s'adapter à l'environnement qu'ils ont créé eux-mêmes ? Et dont nous pourrons dire bientôt qu’il les a créé ? Et pourquoi vouloir à tout prix retenir ce qui n'a pas été ? Une idée parce qu'elle est ancrée dans le temps suffit-elle à la préserver de sa mort ? Le syrphe continuait à marcher lentement à la recherche de sa nourriture préférée : le pollen. Des touffes d’herbes où il se tenait préalablement avant d’entreprendre cette aventure, il avait cru apercevoir une corolle où prélever son nectar préféré mais après avoir besogneusement parcouru la manche de la chemise retroussée, il ne trouva aucune fleur à son sommet. Le dessin imprimé, le parfum suave de la lotion parfumée et les couleurs qui l'ornaient l'avaient trompé.

 

- Il y a une volonté de lutter contre le temps alors qu'il faut faire avec ! continua Philomène. Certes l'indifférence est sans issue et les événements sont dommageables car ils remettent en question la vie sur la Table. Ce n'est pas rien... Mais pourquoi s'entêter à vouloir tout confondre en ne tenant plus compte des besoins réels ? Ceux qui doivent être comblés tous les jours ? Il n'est nulle idéologie qui puisse en venir à bout sans un projet vivant.

 

- Pourquoi ne pas aller promener, dans les champs et dans les près? Qu'en dis-tu ? répondit soudain Dévo

 

- C'est une excellente idée : allons-y !

 

- Hé Oui !

 

Et ils allèrent.

 

L’imprudent sylphide fut enivré par les flaveurs de la lotion après-rasage. Les couleurs de ses rayures changèrent aléatoirement et de plus en plus vite. Il tituba quatre jours consécutifs au milieu des brins de thym et de bruyère, le ventre bombé, les ailes négligées avant de pouvoir enfin s’envoler vers d'autres victuailles. Savait-il alors le pauvre scribe ce que le réchauffement climatique lui réservait ?

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    Publié le 17 Juin 2017

    L’architecture de cette cité se caractérisait par un mélange de vestiges antiques, de constructions médiévales, une flopée de maisons cossues des années mille, ersatz des châteaux rutilants du siècle passé, et la diffusion dans ses rues de toutes sortes de paillettes, de magnifiques villas à la manière Art-Déco, de vieux immeubles au charme désuet, de quartiers bétonnés proches des zones d'activités grises, d’îlots essaimés de panneaux aux lettres hirsutes, et de quelques ronds points décatis permettant de passer d'un parking à l'autre. Ces derniers étaient souvent entourés d'arbres esseulés, de containers remplis de papiers journaux, de prospectus, et de boîtes de somnifères vides.

     

     

    Dans certaines zones artisanales ou industrielles plus excentrées, naquit en quelques années une nouvelle forme de mélancolie méridionale, appliquée à des surfaces carrées, tapissées d'aiguilles de pin, hantées du silence atablérien, de bruits de machines et des musiques éructées par des baffles sans oreille. Sur les routes environnantes de bruyants chariots de fer passaient à vive allure.

    Dès qu'ils se rapprochaient, le volume de leurs décibels augmentait pour diminuer dans leur éloignement avec une remarquable symétrie acoustique. Un axe stratégique par ailleurs très apprécié par les amateurs de coins. C'était aussi là qu'avaient été érigées peu à peu d'autres habitations avec des immeubles et des lotissements. Une zone d'extension somme toute banale.

     

    Et c'était par cette banalité là, par cette anti-campagne là, qu'avait commencé la banalisation d'un ban pour prolonger la saine gestion immobilière de la ville, dans le respect des règles saintes de la construction, et d’une forme de démission sociale, nous disait-on fatales, qui participa à la préservation du patrimoine citadin intra-économique de référence : les remparts.

     

    "Comme un..." (extrait)

     

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    Rédigé par Scripta

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    Publié le 17 Juin 2017

    La divinité suprême à l'origine de ces dieux là, était croyait-on un père. Certains disaient que c'était une mère, d'autres disaient qu'il avait deux sexes, d'autres encore aucun, car peut-être était-il né lui même d'un tenant, le sexe n'étant venu qu'après, pour permettre aux dieux et déesses de se reproduire.

     

    D'autres dirent qu'il fallait inventer un nouveau genre, un genre qui n'existait pas, qui n'était pas un sexe particulier, ni des deux à la fois, mais encore autre chose. Nous, nous ne l'avions jamais vu, et ne savions comment le nommer. On choisit alors d'utiliser "wi" ou "ui" ou "oui" selon les coins de la Table. Ui serait utilisé de façon indifférenciée autant pour les adverbes, pronoms, relatifs, et les substantifs... Mais sans attribuer un nom précis pour wi désigner.

     

    Au lieu de "il" ou de "elle", on disait "parcekui veut", "c'est oui-oui plus fort, oui plus juste, et oui plus bon". S'il fallait l'envisager dans l'espace, on prenait un raccourci, et on disait "louin" ou "prochouin". S'il fallait l'envisager dans le temps, on disait "sansouitemps", etc...

     

     

    Comme wi avait une image très positive, on utilisa sa phonie pour répondre par l'affirmative : oui !

     

    Et comme on ne voulait pas qu’oui n'existe pas, et que tout ce qui n'était pas oui porta un nom, on dit "non" ! 

     

    Mais tout ceci était si compliqué, que l'on finit par dire un chiffre, père le jour et mère la nuit pour une année, et inversement celle d'après.

     

    Au fil du temps chaque religion lui donna un nom propre.

     

    Enfin, dans certains pays aux monts réciproques, l'on tint à garder l'alternance du "jouir" et de la "nouit", comme ça tout le monde fut d'accord.


     

     

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    Publié le 8 Février 2017

     

    Ou la fin de la précédente Odyssée

    Note 6

     

    Lorsque les critères qui concouraient à l'identité des citoyens étaient pris collectivement à défaut, émergeait une crise profonde à large spectre.

     

    La réalité du travail dont il était alors question, en faisait partie, mais de son réel contenu, on faisait peu de cas, privilégiant son approche économique et le niveau de qualification qui l'accompagnaient et pour lesquelles la rémunération avait servi de socle. Entre les critères, s'inscrivaient aussi les distances hiérarchiques qui les séparaient. S'élevait alors au dessus de la tête des citoyens un nuage de vapeur.

     

    Et rien de bien nouveau là non plus, sinon une grave crise dans laquelle les logements devenaient de plus en plus durs à atteindre.

     

    Il y avait cette conscience qui parcourait le monde. Une inclination plus généreuse commença à jaillir au paradoxe du désespoir et de la peur. Les frontières ne pouvaient-elles pas être d'une autre nature ?

       

      Beaucoup cherchaient. Les solutions se faisaient attendre.

       

      Mai 2016

       

      FIN DE LA FASTIDIEUSE

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      Publié le 6 Février 2017

      Ou la fin de la précédente Odyssée

      La violence se partage à plusieurs

       

       

      Peu à peu se dévoilait aussi, au compte goutte de la rosée séculaire, une autre réalité internationale qui fit frémir les citoyens spectateurs. Ainsi la population et ses représentants présumés ignorants, tombaient sans aile et sans parapluie, des incompressibles nus ages.

       

       

       

      Des actes séditieux avaient été porté sous l'impulsion d'une organisation estampillée fastidieuse aux ambitions disait-on internationalistes. En face d'elle un consortium de diverses couches démonologiques à effets de serre qui se disait outré, et très propre mais qui en fait, lui aussi, avait les mains très sales et pleines de sang. Sans doute par nécessité gestionnaire et prolifiques intérêts dont il ne savait plus que faire.

       

      Des assassinats commencèrent à se succéder. En quelques années les peuples mouraient par millions. Et parce que les images existent dans les corps et que la matière conserve la mémoire des cœurs, l'on s'en prit aux dieux de la chaleur, de la lumière, aux diviseurs de brume, aux fastidieux cyprès, et à leurs doux caprices, les recouvrant de noir, nous ôtant tout espoir.

       

      D'autres unions s'en prirent à leurs propres fondements, détruisant ainsi le peu qui leur restait de liberté. Car telle était la volonté des sbires. Ceux là avaient-ils peur des statues et de leur réveil? Peur peut-être qu'elles ne viennent dire ce qu'elles avaient à dire? Honte ! Mais de honte, il n'y en avait plus. 

       

      Il fut décrété que l'idée d'un changement progressiste hors représentation imaginale de la vie elle-même, était cuite et que la compassion n'était et ne serait jamais de ce monde par excès d'égotisme du dieu Abysse. Tout au plus pouvait-on y associer un vague concept d'aménagement de l'immédiat, décidé par les nouveaux ingénieurs du nouveau monde : flux d'information et nœuds de transmission à l'appui, mais pas de quantifiable tangible. Le pays de la haute coupure proposait désormais à ses citoyens un seul pantalon sur mesure. Une revisite des synergies libérales fut jugée utile, endorphines innovantes et recyclage des décrets à l'appui.

       

      Un bouleversement qui portait à leurs pinacles douleurs, espoirs, peurs et craintes.

       

      Avril 2016

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      Publié le 6 Février 2017

      Ou la fin de la précédente Odyssée
       

       

      Rentrer dans les rangs de l'oignon 

       

      Le cadre, un coup fusionnait avec les personnes, un coup s'en séparait, en fonction des enjeux des candidats. Leurs lèvres et leurs discours étaient teintés de poudre bleue. Des électeurs quant à eux étaient avides de changement, de réparation, de protection, d'épanouissement ou de prolongation tacite, toujours avec ce sentiment d'avoir trouvé la solution pour lui et donc parfaite pour les autres. L'on ne pouvait être plus consciencieux et sincère, multipliant le pain à la sueur de son front populaire dans laquelle les corps et les esprits désormais flottaient, sans plus de lien entre eux sinon celui de la concurrence rance et l'abandon. Exista-t-il une forme d'exil du langage lui-même, retourné en et contre lui-même à force d'avoir été abusé par les compléments d'objets indirects ? Des programmes s'improvisaient avec des soutiens réticulaires attribués par un système de coulisse. Et rien de bien nouveau. 

       

      Peu à peu, l'on ne fit plus confiance à personne parce que les discours n'étaient plus adaptés, et aussi parce que la parole n'avait pas été respectée. Les partis les plus extrêmes, servaient encore de gardes frontières, dans un dernier râle, entre gouvernement édulcorant et population contrite. Tout l'enjeu fut peut-être, en ces temps là, de comprendre aussi en dépit des événements, les aspects novateurs et malgré tout enthousiastes qui essayaient de naître. "Tenir et survivre avec les moyens dont on dispose, et faire ce que l'on aime." Telle était la tendance, le rêve pieu. L'accès au bien commun changea, tout comme l'état d'esprit de cet accès changea. Était-ce les idées qui avaient été préalablement pensées qui se révélaient inapplicables? Au fond, avait-on pris la peine de dire ce que l'on voulait? 

       

      Dans d'autres pays pourtant, certains avaient déjà trouvé des solutions pour mieux maîtriser les dépenses de santé par exemple mais l'affadissement gouvernemental qui s'ensuivit fut tel que ces préoccupations devinrent presque caduques. Les projets à très long terme avaient été peu à peu délaissés, lustre après lustre, campagnes après campagnes, entraînant le non remplacement des pertes et des transformations inhérentes à toute société, pour cause disait-on d'automatisme. 

       

      De nouveaux modèles se cherchaient mais aucune réponse ne trouva grâce aux yeux des rois qui s'étaient succédés comme grains de raisin sur un panier de plus en plus vide. Les idées autres furent étouffées, et l'on n'osa plus toucher à grand chose, sauf à déplumer maladroitement certains acquis et à en détériorer les aspects les plus positifs, notamment la santé et l'éducation.

      Dans ce pays, il n'y avait plus d'accointance entre la population et ce que l'on appelait alors le gouvernement, hormis une crainte vague de part et d'autre, et c'était bien ce "vague" là qui le gênait car dans ce vague là, on y mettait désormais beaucoup de choses. 

       

      Avril 2016

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      Publié le 5 Février 2017

      Ou la fin de la précédente Odyssée
       

       

      Sauce à part

       

      Pour éviter les dérangements à l'intérieur du pays, au fil des ans, les cloisons de la sociabilité devinrent plus épaisses. Le prix à payer fut un cadastrage rude. La perception de son voisin devint plus caricaturée, parfois idyllique, parfois méprisante, et même revancharde. Des visions transmises d'une génération sur l'autre, pour cause d'immobilité sociale et de fatalité centripète.

       

      Le partage devenu plus segmenté et automatisé, se faisait désormais un peu moins avec la chaleur humaine dans un mouvement où les sens se séparaient du même, et où la perception devint sectorisée. Ce qui avait été gagné d'un côté grâce aux nouvelles technologies : rapidité du traitement d'information, richesse iconographique, bouillonnement d'idées, explosion des contacts télé-sympathiques, abstraction démesurée, désirs exploités à des fins diverses et dévariés, somme de connaissances transmises et discutées, etc... avait été perdu de l'autre, en terme et moyen humain, en tout cas profondément modifié.

       

      Le proche et le lointain n'étaient pas de même nature. Bref, ce qui jadis était simple comme "bonjour" était devenu pour certains un Graal à conquérir hors des frontières et des sentiers battus. Les rapports sociaux avaient changé de formes et de portées, ou bien étaient devenus plus volontiers sujets à transaction monétaire. Ce dernier point bien sûr n'était pas une nouveauté. La précarisation et l'exclusion simplement en dévoilaient toutes les saveurs.

       

      Une douce indifférence protectionniste s'installa afin d'assurer la stabilité et la quiétude psychique nécessaires à la continuité des activités humaines suburbaines. Quelques éditions personnalisées sur les réseaux, permettaient l'injection de simili chaleur humaine dont l'impact suffisait parfois à redonner un sourire au plus esseulé des utilisateurs... L'espoir renaissait alors, le sentiment de puissance se faisait à nouveau entendre, et rassurés, tous allaient bon train sur des voies parallèles qui, quand même, et l'on s'en félicitait, avaient le mérite d'exister. La question du partage, de la sincérité des relations, etc... devint un tantinet obsessionnelle mais servit de garde fou pratique pour qui aurait été tenté de dévier de sa trajectoire. Ainsi le virtuel a des vertus que seul les vertueux ignorent...

       

      @home

       

      Ce cloisonnement urbain et social avait coïncidé avec une période dite glorieuse, qui s'était en partie affirmée par des mouvements migratoires post post império-contorsionnistes, dans lesquels la Rép' perpétuait ses privilèges, son assurance et sa différence de traitement légendaires, "at home".

         

        L'identité chez certains demeurait celle de l'appartenance, et donc aussi l'appartenance décidait, dans les esprits, de l'identité de l'autre. Les images faisaient leur chemin mais pas forcément le quotidien des êtres.

           

          Avril 2016

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          Publié le 4 Février 2017

          Ou la fin de la précédente Odyssée

           

           

          Note 2

           

           

          Ce pays avait jadis vu naître, grâce à une proche voisine, une forme de pensée que l'on appelait la fastidieuse, laquelle ne voulait s'occuper que des citoyens, et non exclusivement des appétences de leurs rois. Le dernier en activité fut donc remercié en plein cœur de l'hiver et de la capitale. Mais avec ses gouvernants successifs, au fil des siècles, la république s'était éloignée, comme le bateau prend le large, des principes qu'elle avait promulgué, à l'origine, par et pour le peuple, Et malgré le fait que son concept évoqua au fil des ans la mirifique image d'un sac plastique qui s'envole au vent, l'espoir demeurait intact. Quand bien même jusqu'à la nausée car les français avaient le pied marin, en eau douce comme en eau salée.

           

          Déficiences des organisations, de la communication, corruption, déclin de son rayonnement et montée simultanée de sa suffisance, finirent par irriter ses frères et sœurs et finalement le dieu Oignon lui-même. L'ambiance y était, depuis quelques décennies déjà, fort désagréable. La pauvreté s'amplifiait, les exclusions se cristallisaient en bans, hommes et femmes mouraient lentement d'absurdité chronique, étouffés dans le silence. Et les dépressions annoncées par la météo étaient de plus en plus catastrophiques. Une véritable sandale lancée à la tête des souverains lors même qu'ils faisaient bombance !

           

          Après une courte période faste, trente nymphes glorieuses furent larguées par voix aérospatiale, outrageusement, et pour les remplacer, trente miséreuses furent projetées à leur tour sur la région trouvant facilités grâce à des défauts de législation. Car, il faut bien le reconnaître le pays avait, l'air de rien, entretenu ses soubassements par l'émission de chèques asegmentés, la vente silencieuse de parcelles patrimoniales, et instillé des titres chocs monétaires par perfusion à ses valets ou d'autres encore, non monnayables ardemment inscrits en toutes lettres sur les manchettes de l'église télévisée. Que pouvaient là dedans les citoyens qui avaient été  éduqué à l'école de la Rép' avec une défiance certaine pour les véreux normatifs ou les grandes figures de la SeigneurieDésirante dont ils avaient soupé ?

           

          Chacun vérifia au passage cette triste vérité qui est celle de prendre la libération du peuple pour asseoir ses propres intérêts et de les transformer peu à peu en conciliabule par le super-pouvoir absorbant de l'éponge démocratique à son service exclusif. Ce dernier prétexte facilitant une dématérialisation par éloignement sensitif de la réalité des êtres, et donc de leurs enjeux, privilégiant les cartons d'emballage à leur contenu...

           

          Avril 2016

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